Il y a des slogans qu’on entend souvent aux Antilles françaises. Colonialiste fwancé déwo. Péyi-a sé ta nou. Le pays c’est à nous. Belle affirmation. Vérifiable. On va vérifier.
1492 : qui vivait en Martinique et en Guadeloupe avant les Européens ?
Christophe Colomb arrive aux Caraïbes en 1492. À cette date, Martinique et Guadeloupe sont peuplées par les Kalinagos, qu’on appellera plus tard les Caraïbes — un peuple guerrier qui avait lui-même supplanté les Arawaks quelques siècles auparavant. Les Taïnos et les Arawaks, eux, peuplaient les Grandes Antilles — Cuba, Hispaniola, Porto Rico — et avaient déjà été largement décimés par les Espagnols avant même que les Français n’arrivent dans les Petites Antilles.
Les Kalinagos, ce sont les vrais premiers propriétaires de la Martinique et de la Guadeloupe. Les vrais spoliés. Les seuls qui, au sens strict, auraient le droit de pointer le doigt vers quiconque en criant « colonisateur ».
Sauf qu’ils ne le font plus, ou presque plus. Parce qu’ils ont été décimés. Il en reste une communauté à Dominique. Eux, oui. Ils peuvent.
Les autres ? On arrive.
1635 : la colonisation française des Petites Antilles
Les Français s’installent en Martinique et en Guadeloupe en 1635. Ils chassent, repoussent, éliminent progressivement les Kalinagos. C’est une colonisation au sens plein du terme. Personne ne le nie. Acte criminel, même, si l’on veut bien appliquer les standards moraux modernes à l’histoire.
Ces îles qui ont changé de mains comme des meubles
Avant de parler d’identité nationale martiniquaise ou guadeloupéenne, il serait utile de rappeler que ces territoires ont changé de souveraineté plusieurs fois — comme des pions sur un échiquier diplomatique européen dont personne sur place n’avait demandé à faire partie.
La Martinique a été occupée par les Anglais à trois reprises : 1762, 1794, 1809. Rendue à la France à chaque traité de paix. La Guadeloupe, elle, a même connu une brève parenthèse suédoise en 1813–1814 — Stockholm en a été propriétaire le temps d’une compensation géopolitique napoléonienne — avant de revenir dans le giron français en 1816.
Ces îles ont donc été françaises, anglaises, re-françaises, re-anglaises, suédoises, à nouveau françaises. En deux siècles, personne n’a jugé bon de demander leur avis aux habitants — ni aux Kalinagos survivants, ni aux esclaves déportés, ni aux colons installés. L’appartenance de ces territoires à la France n’est donc pas une évidence éternelle. Mais l’appartenance de ces territoires à une « nation noire » ou créole au sens ancestral du terme ne l’est pas davantage.
1640–1650 : les Africains arrivent. Un siècle et demi après Colomb.
Les premières déportations massives d’esclaves africains vers les Antilles françaises démarrent dans les années 1640. Soit environ cent cinquante ans après l’arrivée de Colomb, et quelques années seulement après la colonisation française.
Ce point mérite qu’on s’y arrête.
Les ancêtres des Antillais d’aujourd’hui — les descendants d’esclaves — n’étaient pas là avant les Européens. Ils n’ont pas été dépossédés de ces terres, parce qu’ils n’en étaient pas propriétaires. Ils en ont été victimes autrement, et de façon infiniment plus atroce : ils ont été arrachés de leur propre continent, enchaînés, traversé l’Atlantique dans des cales, et réduits à l’état de marchandise. C’est une horreur absolue. C’est l’un des crimes les plus massifs de l’histoire humaine. Ce n’est pas discutable.
Mais être victime de l’esclavage ne confère pas de titre de propriété sur un territoire qu’on n’a pas habité avant d’y être importé de force. Ce n’est pas cruel de le dire. C’est simplement logique.
Un mot sur la traite : laquelle ?
Quand on parle de la traite négrière, on parle presque exclusivement de la traite atlantique, celle des Européens. C’est compréhensible : elle a alimenté les Antilles françaises et laissé une trace directe dans la société martiniquaise et guadeloupéenne d’aujourd’hui.
Mais la traite atlantique n’est pas la seule. La traite arabo-musulmane, qui a duré du VII° siècle jusqu’au XX° siècle, a concerné des volumes comparables, sinon supérieurs. Elle est beaucoup moins enseignée, beaucoup moins commémorée, et suscite infiniment moins de polémiques en 2026.
Autre détail rarement mentionné : les Africains vendus aux négriers européens étaient massivement capturés et vendus par d’autres royaumes africains. Le royaume du Dahomey — aujourd’hui le Bénin — en a fait un commerce d’État florissant pendant deux siècles. Ce n’est pas une façon de dédouaner les acheteurs européens. C’est une façon de rappeler que le crime de l’esclavage n’a pas de couleur exclusive, et que l’idée d’un bloc blanc oppresseur face à un bloc noir victime unifié est une simplification commode qui résiste mal à l’histoire.
Schoelcher a aboli l’esclavage. Il n’a pas distribué les terres.
Le 27 avril 1848, Victor Schoelcher fait signer par le gouvernement provisoire de la Deuxième République le décret d’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises. Acte fondateur. Acte juste. Les esclaves deviennent des citoyens français à part entière.
Ce que le décret ne fait pas : leur donner des terres.
Ce que l’État français fait par ailleurs, à la même époque : indemniser les propriétaires d’esclaves pour la perte de leur « bien ». Pas les affranchis. Les maîtres.
Les ancêtres des Antillais d’aujourd’hui sont donc sortis de l’esclavage libres, citoyens, et strictement sans rien. Sans terre, sans capital, souvent sans autre choix que de continuer à travailler pour les mêmes Békés, désormais comme ouvriers agricoles précaires plutôt que comme esclaves. La différence juridique était réelle. La différence économique, au quotidien, l’était beaucoup moins.
C’est une injustice historique documentée, massive, qui appelle une réparation symbolique et peut-être matérielle — le débat existe et il est légitime.
Mais voilà ce que cette injustice ne crée pas : un titre de propriété rétroactif sur un territoire que leurs ancêtres n’ont jamais possédé, parce qu’ils y avaient été amenés de force un siècle et demi après sa colonisation européenne. La souffrance, aussi extrême soit-elle, n’est pas un acte notarié.
La vraie question foncière : les Békés
Si l’on parle de possession réelle, contemporaine, de la terre martiniquaise, la situation est effectivement frappante. Les Békés — descendants des colons blancs européens installés là depuis le XVII° siècle — représentent environ 1 % de la population de l’île, soit quelque 3 000 personnes. Ils contrôlent pourtant plus de 52 % des terres agricoles de la Martinique. La moitié d’une île. Entre les mains d’un centième de sa population.
Ce n’est pas une rumeur. C’est une donnée documentée par les géographes et les économistes spécialisés dans les Outre-mer. C’est mesurable, stable, et vérifiable.
Voilà un vrai sujet. Voilà une vraie injustice à débattre.
Curieusement, ce débat-là est beaucoup moins bruyant que les slogans anti-France.
Le mot « créole » : une petite bombe sémantique
Le mot « créole » — celui dont l’identité antillaise revendiquante s’est emparée comme d’un étendard — désignait à l’origine les Européens nés aux Antilles. Pas les descendants d’esclaves. Les Békés. Ce sont eux, les premiers créoles au sens étymologique strict du terme.
L’appropriation du mot par le mouvement identitaire noir antillais est récente et aujourd’hui totale. Personne ne le dit. Le fait de le mentionner ne diminue en rien la richesse de la culture créole telle qu’elle existe aujourd’hui — elle est réelle, vivante, magnifique dans bien des aspects. Mais l’histoire des mots mérite d’être racontée honnêtement.
Rendre à César ce qui appartient à César
Il y a un mot qu’on utilise beaucoup aux Antilles. Un mot lourd, chargé, qu’on brandit comme une arme : colonisé.
Alors rendons à César ce qui lui appartient.
Les colonisés des Antilles s’appellent les Kalinagos. Ce sont eux les propriétaires d’origine. Ce sont eux qui ont été chassés, décimés, expulsés de leurs propres terres — d’abord par les Espagnols, puis par les Français et les Anglais. Ce sont eux et eux seuls qui, au sens strict du terme, ont le droit de regarder quelqu’un dans les yeux et de dire : cette terre était à nous.
Il n’en reste aujourd’hui qu’une seule communauté vivante : entre 3 000 et 3 500 personnes dans le Kalinago Territory, une réserve de 3 700 acres coincée sur la côte nord-est de l’île de Dominique. Pour un peuple qui a habité toutes les Petites Antilles pendant des siècles. Et près de 50 % de cette population vit sous le seuil de pauvreté — contre 28 % pour le reste de l’île.
Les vrais colonisés vivent dans une réserve, dans la misère. En silence.
Et voilà le détail que personne ne mentionne jamais.
Quand la Dominique a accédé à l’indépendance en 1978, mettant fin à la domination britannique, personne — absolument personne — n’a proposé de rendre l’île à ses propriétaires légitimes. Pas un discours. Pas un débat. Pas un vote. Les nouveaux dirigeants indépendantistes, fiers de s’être libérés du joug colonial, ont gardé les Kalinagos exactement là où les Anglais les avaient mis : dans leur réserve.
En faisant cela, ils se sont comportés en parfaits colonisateurs — ceux-là mêmes qu’ils venaient de chasser. Ils ont hérité d’une terre volée et l’ont conservée sans sourciller, parquant les légitimes propriétaires dans un coin d’île pendant qu’ils célébraient leur liberté retrouvée.
L’indépendance, oui. Mais l’indépendance de qui ? Et sur la terre de qui ?
Le Tombeau des Caraïbes : un rocher noir dans un champ, sans panneau, sans entretien
Entre Saint-Pierre et Le Prêcheur, sur la D10, un panneau au bord de la route signale aujourd’hui le Tombeau des Caraïbes — aussi appelé « Coffre à mort ». Selon la légende, c’est du haut de ce rocher volcanique que les derniers Kalinagos de Martinique se seraient jetés dans le vide plutôt que d’être réduits en esclavage par les colons français.
Les historiens doutent de l’événement tel qu’il est raconté — probable confusion avec un épisode similaire documenté à l’île de Grenade en 1651. Ce qui est certain, en revanche, c’est qu’en 1658 les Français ont décidé l’expulsion définitive des Kalinagos de Martinique. Avec un détail édifiant : l’une des raisons officiellement invoquées était qu’ils cachaient des esclaves fugitifs. Les Kalinagos refusaient l’esclavage pour eux-mêmes et protégeaient ceux qu’on y avait réduits. Ils ont été chassés pour ça.
J’ai visité ce site dans les années 2000. À l’époque : un gros rocher volcanique noir, envahi de végétation, sans panneau sur la route, sans entretien, pratiquement introuvable si personne ne vous en avait parlé. Le seul mémorial des véritables premiers habitants de la Martinique était un caillou à l’abandon au bord d’une départementale.
Il n’existe d’ailleurs quasiment aucune photo de cet état d’origine sur internet — ce silence photographique est lui-même une preuve du degré d’invisibilité dans lequel ce mémorial était maintenu.
Ce n’est qu’en 2008 que la sculptrice Chantal Hippocrate y a installé 34 totems — un par commune de Martinique — autour du rocher désormais peint en blanc. Une couleur de deuil dans la tradition caribéenne. Un mémorial tardif, pour une mémoire longtemps ignorée.
Pendant ce temps-là, les statues de Schoelcher ont toujours été bien astiquées.
Le drapeau qu’on a oublié — et celui qu’on a effacé
Le drapeau historique de la Martinique — celui que vous voyez en tête de cet article — est une croix blanche sur fond bleu, avec quatre serpents fer-de-lance blancs, un par quartier. C’est le pavillon de l’Ancien Régime, antérieur à la Révolution française. L’emblème de l’île tel qu’il existait avant que quiconque n’invente un mouvement indépendantiste.
Il a été remplacé dans l’usage militant par le rouge-vert-noir, créé en 1963 par Victor Lessort — qui l’a dessiné en prison, en attendant son procès. Un symbole de résistance, certes. Mais un symbole inventé sous de Gaulle, pas hérité des origines.
Jusqu’ici, l’histoire était simple : d’un côté un drapeau historique, de l’autre un emblème militant. Chacun pouvait choisir son camp.
C’est là qu’entre en scène Emmanuel Macron.
En 2018, le Président de la République française — dans un élan de sensibilité historique qui force l’admiration — a personnellement demandé le retrait du drapeau aux quatre serpents des écussons des gendarmes de Martinique, au motif qu’il était « associé à la traite négrière ».
Résultat : le seul symbole visuellement antérieur à la colonisation esclavagiste a été effacé par la République elle-même. Le terrain symbolique laissé vacant a été immédiatement occupé par le rouge-vert-noir, qui est devenu drapeau officiel de la Martinique par vote de la CTM le 2 février 2023.
En d’autres termes : les indépendantistes martiniquais n’ont pas eu à gagner la bataille du drapeau. C’est l’Élysée qui la leur a offerte sur un plateau, avec les meilleures intentions du monde.
On cherche encore à qui ce geste a profité. On n’a pas trouvé.
Aimé Césaire a demandé à être français. Lui-même.
Le retournement le plus mordant de tout ce débat n’est pas dans les archives coloniales. Il est dans les archives de l’Assemblée nationale française.
Aimé Césaire — le poète de la négritude, le chantre de la fierté africaine et noire, l’homme dont les vers ont nourri des générations de militants anticoloniaux — est le député de la Martinique qui, en 1946, a porté et fait voter la loi de départementalisation. Pas les Békés. Pas Paris. Césaire.
C’est lui qui a choisi que la Martinique soit un département français à part entière, avec tous les droits et tous les transferts que cela implique. Il l’a assumé, défendu, revendiqué.
Ceux qui agitent aujourd’hui le drapeau de l’indépendance en crachant sur la France se réclament souvent de son héritage. Ils ont de la mémoire sélective.
Martinique, Guadeloupe, Nouvelle-Calédonie, Corse : pourquoi ce n’est pas la même chose
La France administre d’autres territoires où la question coloniale a une résonance différente, parce que les populations d’origine sont toujours là.
En Nouvelle-Calédonie, les Kanak sont présents depuis des millénaires. Ils ont été spoliés, marginalisés, et le débat sur l’indépendance y est légitime au sens premier du terme : des gens réclament une terre qui était celle de leurs ancêtres.
En Polynésie française, les Mā’ohi occupent le territoire depuis environ deux mille ans.
En Corse, les Corses sont là depuis aussi longtemps qu’on remonte.
Dans ces cas, la notion de « peuple colonisé réclamant sa terre » a un sens géographique et généalogique précis.
Aux Antilles françaises, la population majoritaire est arrivée d’Afrique de l’Ouest dans les cales de navires négriers, contrainte et forcée, après la colonisation européenne des îles. Elle a survécu à l’inimaginable, elle a construit une culture créole riche et distincte, elle mérite respect et reconnaissance intégrale. Mais le fait de s’être admirablement adapté à un territoire, d’y avoir souffert et construit, n’en fait pas un territoire ancestral. Ce n’est pas « leur » pays au sens où la Bretagne est bretonne ou où la Kanaky est kanak. C’est le pays où leurs ancêtres ont été amenés de force. Ce n’est pas la même chose.
Liberia : le droit au retour qui a mal tourné
En 1822, les États-Unis ont financé la création du Liberia pour y établir les esclaves affranchis qui souhaitaient retourner en Afrique. Indépendant depuis 1847, il a eu la particularité d’être gouverné pendant plus d’un siècle par une élite afro-américaine qui a reproduit envers les populations locales exactement le système de domination dont ses ancêtres avaient été victimes. Le pays a ensuite connu deux guerres civiles d’une violence extrême entre 1989 et 2003, et reste aujourd’hui l’un des pays les plus fragiles d’Afrique de l’Ouest.
Ce n’est pas un argument contre la dignité des victimes de l’esclavage. C’est un rappel que l’histoire ne se règle pas par des transferts de population compensatoires, et que les solutions simples aux crimes historiques n’existent à peu près jamais.
Les indépendantistes et leur passeport français
Les voix les plus véhémentes pour l’indépendance des Antilles françaises voyagent avec un passeport français. Se soignent à la Sécurité sociale française. Touchent une retraite française souvent majorée par rapport à la métropole. Envoient leurs enfants étudier dans les universités françaises.
Le niveau de vie aux Antilles françaises est sans commune mesure avec celui des îles voisines indépendantes. Il suffit de regarder Haïti — indépendante depuis 1804, première république noire du monde — que la Banque Mondiale qualifie en 2025 de « pays le plus pauvre d’Amérique latine et des Caraïbes », avec un PIB en recul pour la septième année consécutive, ravagé par les gangs et l’effondrement institutionnel.
On peut vouloir l’indépendance, c’est un choix légitime et respectable. Mais on ne peut pas simultanément exiger de partir et rester à table.
La question qu’on n’ose pas poser
Si la Martinique et la Guadeloupe accédaient un jour à l’indépendance — hypothèse légitime, débat ouvert — une seule question mériterait d’être posée avant toute célébration :
Seriez-vous prêts à accueillir dignement les Kalinagos de Dominique et à leur restituer leurs terres ?
Pas une réserve. Pas un musée vivant pour touristes. Leurs terres. Celles d’où leurs ancêtres ont été chassés par les colons français et anglais, et que personne — ni les Français, ni les indépendantistes de Dominique en 1978 — n’a jamais songé à leur rendre.
Si la réponse est oui, alors le débat sur la décolonisation est sérieux et cohérent.
Si la réponse est non — ou pire, si la question fait sourire — alors on sait exactement de quoi il s’agit : non pas d’une libération, mais d’un transfert de propriétaires. Les mêmes terres volées, avec de nouveaux maîtres.
Ce que cet article n’est pas
Cet article n’est pas une défense de l’esclavage. Il n’est pas non plus une absolution du colonialisme français. La traite négrière est un crime contre l’humanité. La colonisation des Kalinagos est une page sombre de l’histoire. L’indemnisation des propriétaires d’esclaves plutôt que des affranchis est une ignominie supplémentaire.
Ce que cet article dit, c’est simplement qu’hurler « colonialiste » à un Français de métropole en 2026 en Martinique, c’est mélanger plusieurs siècles, plusieurs crimes, plusieurs responsabilités, et plusieurs peuples — dont certains ont effectivement disparu dans le silence.
Les Kalinagos de Dominique pourraient parler. Ils parlent peu.
Peut-être parce que l’histoire, la vraie, est rarement un slogan.
Note de l’auteur : la part du foncier béké (52 % des terres agricoles) est documentée par les géographes spécialisés dans les Outre-mer. Les données sur Haïti sont issues du rapport Banque Mondiale 2025. Les chiffres sur la population kalinago et le taux de pauvreté dans le Kalinago Territory sont issus du Borgen Project et de Minority Rights International.
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