Mon mot d’amende ❤️ La Ciotat, stationnement moto, amende injuste — mise à jour du 30 septembre 2026

Monsieur 1428,

Vous vous souvenez de moi. Ou plutôt, vous ne vous en souvenez pas, parce que pour vous je ne suis qu’un numéro de plaque parmi d’autres, un ticket de caisse dans la collecte journalière de votre municipalité au Quai Général de Gaulle à La Ciotat. Mais moi, je me souviens de vous — de votre matricule, en tout cas, ce qui dans cette affaire revient au même.

Quand je vous ai écrit une première fois, en juillet dernier, c’était sur le ton de l’amusement. Trente-cinq euros, un pavé pris pour un trottoir, un site de contestation en panne : il y avait là matière à sourire. Je souriais. Je vous avais même offert un calcul de rendement qui, si vous l’aviez transmis à votre hiérarchie, aurait peut-être suffi à clore l’affaire.

Vous n’avez pas transmis. Ou on n’a pas écouté. Peu importe.

Le 24 septembre 2026, j’ai reçu un avis d’amende forfaitaire majorée de 75 euros, prononcé le 11 septembre par l’Officier du Ministère Public près le Tribunal de Police de Marseille. Vos trente-cinq euros de juin sont devenus soixante-quinze en septembre. Une majoration de 114 %. Pas mal pour un pavé du port de La Ciotat.

Je ne souris plus tout à fait de la même façon.


Stationnement moto à La Ciotat : ce que le Code de la route dit vraiment

Permettez-moi, Monsieur 1428, de vous soumettre quelques notions juridiques élémentaires que votre formation à la police municipale de La Ciotat a peut-être négligées, ou que vous avez oubliées dans l’enthousiasme de la verbalisation.

Un trottoir, au sens du Code de la route, c’est une voie surélevée ou matériellement séparée de la chaussée, réservée aux piétons le long d’une voie de circulation. Ce que vous avez verbalisé, au 12 Quai Général de Gaulle à La Ciotat, c’est une placette piétonne aménagée — revêtement en pavés uniforme de part et d’autre, sans différence de niveau, délimitée par des bollards de protection, longeant un local technique fermé. Pas de marquage au sol. Pas de mobilier urbain. Pas de panneau. Rien.

Ce n’est pas un trottoir. Ce n’est pas moi qui le dis — c’est l’article R.417-10 du Code de la route qui le définit, et votre procès-verbal qui se trompe de qualification.

Mais allons plus loin, parce que c’est là que ça devient savoureux. L’article R.417-11 du même Code — celui que vous auriez dû relire avant de sortir votre carnet — exclut expressément les motocyclettes de la liste des véhicules interdits de trottoir au titre du stationnement très gênant. Une moto sur un trottoir, au niveau national, c’est au pire du stationnement gênant à 35 euros — pas une interdiction absolue. Pour interdire aux motos de stationner sur cet espace précis à La Ciotat, il aurait fallu un arrêté municipal explicite, affiché, signalé par un panneau conforme sur le terrain. C’est l’article R.411-25 du Code de la route. C’est la loi. Pas mon avis personnel — la loi.

Cet arrêté existe-t-il ? Peut-être. J’ai demandé à votre maire, Monsieur Alexandre Doriol, de me le communiquer par mail ce matin même, en application de la loi CADA du 17 juillet 1978. Il a un mois pour répondre. Passé ce délai, la Commission d’Accès aux Documents Administratifs sera saisie, puis si nécessaire le tribunal administratif de Montpellier.

Si cet arrêté existe sans signalisation visible : il ne m’était pas opposable, et votre PV est nul.
S’il n’existe pas : votre PV est nul.
Dans les deux cas : votre PV est nul.


La Ciotat et son piège à touristes à moto : un business model sans panneau

Je vais vous dire ce que je pense vraiment, Monsieur 1428, et je vous demande de lire cette partie avec l’attention qu’elle mérite.

Ce n’est pas un oubli. Un panneau à cinq euros quarante-cinq, livraison comprise, ne s’oublie pas pendant des années sur un quai touristique fréquenté. On ne l’oublie pas. On choisit de ne pas le poser.

Parce qu’un panneau qui prévient ne rapporte rien. Mais un pavé sans panneau, sur un quai où défilent chaque été des milliers de touristes à moto venus admirer le port et les calanques de La Ciotat, qui stationnent comme n’importe qui stationne en l’absence de toute signalisation contraire — ça, ça rapporte. Trente-cinq euros à chaque fois. Trente-cinq euros, c’est le montant idéal, vous savez pourquoi ? Parce que c’est du gagne-petit de traîne-patin — juste assez pour piquer, pas assez pour que le contrevenant juge rentable de se battre. Qui va prendre une demi-journée, rédiger des courriers recommandés et menacer le tribunal administratif de Montpellier pour trente-cinq euros ? Personne. Sauf moi. Et précisément parce que je suis retraité, que j’ai du temps, et que j’ai un blog lu par des motards.

Multipliez ces trente-cinq euros par le nombre de motards qui passent chaque saison sur ce quai de La Ciotat, posent leur machine comme n’importe quel usager en l’absence de toute signalisation contraire, et repartent avec un papier vert quelque part — une Harley n’a pas d’essuie-glace, rappelons-le. Faites le calcul. Ou plutôt, votre trésorier municipal l’a déjà fait.

C’est ce qu’on appelle, dans le langage courant, un piège à touristes. Et dans le langage juridique, une verbalisation sur la base d’une interdiction non opposable. Les deux qualifications se cumulent agréablement.

La police municipale de La Ciotat, dans sa forme la plus noble, protège les citoyens. Dans sa forme la moins noble — celle que vous incarnez ce jour-là, Monsieur 1428, avec votre carnet et votre matricule — elle collecte des taxes déguisées en contraventions, au bénéfice d’une municipalité qui a compris depuis longtemps que la signalisation coûte et que son absence rapporte. Coupe-jarrets en uniforme, avec l’aval d’une hiérarchie qui ferme les yeux sur la légalité du dispositif pourvu que la caisse se remplisse.

Je trouve cela indigne. Je le dis publiquement. Et je continuerai à le dire.


Amende moto La Ciotat : ce que j’ai fait ce matin pendant que vous verbalisez d’autres touristes

Ce matin, pendant que vous officiez probablement sur votre quai favori du port de La Ciotat, j’ai envoyé par lettre recommandée avec accusé de réception à l’Officier du Ministère Public près le Tribunal de Police de Marseille une requête en exonération en bonne et due forme, avec quatre moyens juridiques distincts et cumulatifs :

Moyen n°1 : erreur de qualification — le lieu n’est pas un trottoir au sens du Code de la route, mais une placette piétonne aménagée.

Moyen n°2 : absence de signalisation — aucun arrêté municipal de la ville de La Ciotat ne m’était opposable faute de panneau conforme sur le terrain au 12 Quai Général de Gaulle.

Moyen n°3 : défaut de notification — les motocyclettes ne disposant pas de pare-brise ni d’emplacement standardisé pour recevoir un avis de contravention, je n’ai pas été notifié dans des conditions garantissant la date de prise de connaissance.

Moyen n°4 : dysfonctionnement du système ANTAI — deux tentatives de contestation dûment documentées, rejetées par le système officiel de l’État avec le message « les informations saisies ne permettent pas de retrouver un dossier existant. » La majoration de 114 % résulte donc non pas de ma carence, mais de la défaillance du service public numérique que votre administration présente comme l’unique voie de contestation. Il serait contraire aux principes généraux du droit qu’un administré subisse une majoration en raison d’un bug dont il n’est pas responsable. Les tribunaux, en général, partagent cet avis.

J’ai également informé le maire de La Ciotat Alexandre Doriol que je me réservais le droit de saisir le Défenseur des Droits et d’engager un référé administratif pour obtenir la mise en conformité de la signalisation sur ce site — dans l’intérêt de tous les motards qui, après moi, se feront piéger au même endroit sur le quai de La Ciotat.


Le vrai coût d’une amende à 35 euros : quand La Ciotat fait travailler toute la fonction publique

Je vous avais fait le calcul en juillet. Laissez-moi le mettre à jour.

Il y a désormais dans ce dossier : l’Officier du Ministère Public et son greffe à Rennes, le Tribunal de Police de Marseille en cas de renvoi, les services postaux pour chaque recommandé, le maire de La Ciotat et son secrétariat, la CADA si le maire ne répond pas, le tribunal administratif de Montpellier si la CADA ne suffit pas, le Défenseur des Droits si l’ANTAI reste silencieux, et vous-même, Monsieur 1428, qui devrez peut-être un jour expliquer votre constatation devant un magistrat.

Pour 35 euros. Devenus 75 par l’opération du Saint-Esprit administratif.

Le rendement de l’opération pour l’État, je vous l’avais chiffré à moins 1 400 % en juillet. Avec la majoration et les nouvelles procédures engagées, nous dépassons allègrement les moins 2 000 %. À ce niveau-là, Monsieur 1428, ce n’est plus une contravention : c’est un programme de relance de la fonction publique française, et je suis ravi d’y contribuer bénévolement.


En conclusion, Monsieur 1428 — et cette fois c’est sérieux

Je reviendrai à La Ciotat. Aussi souvent qu’il me plaira. Je suis retraité, j’ai du temps, et les principes coûtent ce qu’ils coûtent — en l’occurrence, beaucoup plus cher à votre municipalité qu’à moi.

Tant que le maire de La Ciotat jugera plus rentable de laisser un quai touristique sans signalisation plutôt que d’y planter un panneau à cinq euros quarante-cinq, je continuerai à écrire, à contester, à saisir, et à rendre public chaque épisode de cette histoire. Les motards qui passeront par La Ciotat cet été liront peut-être cet article avant de décider où garer leur machine — et avant de décider si La Ciotat mérite une escale ou un détour.

Un panneau, Monsieur 1428. Cinq euros quarante-cinq. C’est tout ce qu’il aurait fallu.

Article mis à jour le 30 septembre 2026 — la procédure de contestation est en cours. Nous publierons la suite.

Studios Caiman


Si vous avez reçu une amende de stationnement moto à La Ciotat au Quai Général de Gaulle sans aucun panneau d’interdiction visible, vous n’êtes peut-être pas seul. Les commentaires sont ouverts.


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