Designer d’ameublement — Studios Caiman

Ce que je suis, quand je cesse d’être poli.

Ce que quelques messages ne suffisent pas à dire…

Pourquoi Caiman

Studios Caiman n’est pas un nom de marque trouvé un matin. C’est un surnom d’enfance — Caim, devenu Caiman, puis simplifié en Kai à l’armée, où personne n’a jamais le temps de dire un nom en entier. J’en ai fait l’enseigne sous laquelle je fais tenir ensemble ce qui, chez la plupart des gens, resterait séparé : la photographie, l’écriture, l’édition.

Photographie. Le NURBEX — contraction de nu et d’urban exploration — consiste à photographier le corps nu dans des lieux abandonnés : friches, usines mortes, carcasses de béton que la nature ou le temps ont repris. J’aime cette tension entre la chair vivante et ce qui ne l’est plus.

Écriture. Une bande dessinée de science-fiction que je construis planche après planche — un vaisseau, Munin, une intelligence artificielle, une mémoire qu’on croyait perdue. Et Jedem das Seine : les mémoires de mon grand-père, résistant déporté à Buchenwald puis Langenstein, évadé le 15 avril 1945 lors d’une marche de la mort — sauvé par un vieux soldat allemand qui a détourné le regard pour le laisser fuir. Un livre qu’il n’a jamais eu le temps d’écrire lui-même, et que j’ai fini par écrire à sa place.

À côté, une plume plus mordante tient un blog où je démonte, avec le sérieux qu’exige l’absurde, les petites lâchetés du quotidien.

Parcour.

Studios Caiman @ photographie, écriture, édition / depuis toujours

Le nom vient d’un surnom d’enfance — Caim, devenu Caiman, puis Kai à l’armée. J’y fais tenir ensemble le NURBEX, une bande dessinée de science-fiction, et Jedem das Seine : les mémoires de mon grand-père, résistant déporté à Buchenwald puis Langenstein, évadé le 15 avril 1945 lors d’une marche de la mort — sauvé par un vieux soldat allemand qui a détourné le regard pour le laisser fuir.

Le service @ 21e RIMA

Après l’École Boulle, un passage au 21e Régiment d’Infanterie de Marine — trop jeune pour être pris au sérieux dans le métier, j’ai pris le temps de grandir ailleurs.

Le pilote @ PPL, brevet ULM

J’aime aussi voler — un PPL aujourd’hui périmé, un brevet ULM toujours valide. Rien d’héroïque, juste le plaisir de vérifier, de temps en temps, qu’on garde la tête froide quand le sol s’éloigne.

Education

École Boulle / design d’ameublement, architecture intérieure

Le Territoire.

Louis Jouvet, qui savait de quoi il parlait, disait que le meilleur moment, c’était quand on montait l’escalier. Il n’avait pas tort, mais il n’avait pas tout dit.

Personne n’entre ici par hasard. Eliopolis est une véritable forteresse de la liberté — il faut un badge pour y accéder, comme on aurait autrefois demandé un laissez-passer à l’entrée d’un pont-levis. Une fois la barrière franchie, on n’est plus tout à fait dans le même monde : on y vit nu la plupart du temps. Autant être clair dès l’escalier : ce n’est pas une métaphore, même si tout, dans ce passage, en a l’allure — celle d’un voyage vers une autre planète, où les repères qu’on croyait universels ne valent soudain plus rien.

On peut y croiser des groupes d’hommes en casquette et cuir, façon Village People, des femmes trans dans des tenues qui n’existent nulle part ailleurs, des silhouettes qu’on ne croise dans aucune autre rue du monde. C’est un peu un univers de cosplay, mais sa version charnelle : ici, les héros et les héroïnes ne sortent pas d’une série ou d’une bande dessinée. Ils se sont inventés eux-mêmes, en marge d’une société qui, la plupart du temps, les a d’abord rejetés.
On raconte, ici, qu’il y a plus de trente ans, le monde extérieur a tenté de réguler cette liberté-là — d’interdire certaines tenues, certains signes trop explicites. Le résultat n’a pas été celui qu’on attendait : la ville s’est vidée de ce qui faisait sa raison d’être, ne laissant que ceux qui n’avaient jamais rien demandé d’autre qu’un peu de soleil sur la peau. La leçon a été retenue. On ne policera jamais vraiment la liberté sans la tuer.
Aujourd’hui encore, c’est ce monde-là qui fait vivre Héliopolis à l’année. J’ai vu, fin juin, la Baie des Cochons pleine dès les premiers beaux jours, quand la plage strictement naturiste, à quelques mètres de là, restait presque vide. Ceux qui viennent ici pour le seul soleil sont de plus en plus rares. Ceux qui viennent pour la liberté, eux, ne manquent jamais.
Ce n’est pas une frontière géographique. C’est une frontière morale qu’on laisse derrière soi, comme un manteau devenu trop lourd pour la saison.

Ici, l’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas un sujet de débat : elle est la règle, vécue sans qu’on ait besoin de la revendiquer. Ce qui n’est pas interdit par la loi y est permis. Ce qui n’est condamné que par la morale — cette morale d’emprunt qu’on nous a donnée avant qu’on ait eu l’âge de la choisir — n’a plus cours.
Ici, vous pouvez oser sans être jugée. Vous pouvez vous lâcher, vous ouvrir à ce que vous avez toujours tenu enfermé, sans craindre le regard de personne — parce que personne, ici, ne regarde avec les yeux d’ailleurs.
Le lâcher-prise n’est pas un slogan qu’on affiche à l’entrée. C’est ce qui se passe, malgré vous, une fois à l’intérieur : le contrôle qu’on garde ailleurs par habitude, par prudence, par réflexe, par éducation, par une morale judéo-chrétienne, par peur du jugement, cesse peu à peu d’être nécessaire. On ne décide pas de lâcher prise. On s’aperçoit, un peu plus tard, qu’on l’a déjà fait.
Cinquante nuances de caïman, si l’on veut résumer en une phrase ce que je ne saurais pas résumer autrement.

C’est mon pays. Eliopolis, au Cap d’Agde, si l’on veut un nom sur une carte. J’y viens depuis des années, j’ai fini par m’y installer — et je n’écris pas ces lignes pour qu’on l’accepte de l’extérieur, mais pour qu’on sache, avant d’aller plus loin, dans quel monde on met les pieds si l’on choisit d’y entrer avec moi..

Pour celle qui saura

Je n’écris pas ces lignes pour convaincre. On ne convainc pas quelqu’un d’aimer la liberté — soit elle vous appelle, soit elle vous laisse indifférente, et les deux réponses sont respectables.
Si vous êtes arrivée jusqu’ici, quelque chose dans ce que vous venez de lire a dû résonner. Peut-être un désir que vous n’avez jamais vraiment nommé, une envie mise de côté par prudence, par éducation, par habitude de vous excuser d’exister pleinement. Ce désir-là n’a jamais eu besoin de votre permission. Il n’attendait qu’un endroit où se dire tout haut.
Je ne cherche pas une compagne de plus. Je cherche un alter ego — quelqu’un capable de tenir tête, de rire fort, de partir sans prévenir, de se dévêtir de tout ce qui n’est pas elle. Une femme qui sait que le plaisir, le sien autant que celui qu’elle donne, n’est jamais une faute à racheter.
On vous a peut-être fait croire qu’il existe un âge après lequel on doit ranger ses envies, comme des vêtements qu’on ne porte plus. C’est un mensonge qu’on raconte surtout aux femmes, rarement aux hommes, et jamais à ceux qui ont compris qu’il n’y a rien à ranger.
On dit qu’il n’est jamais trop tard. C’est faux. Il est trop tard — trop tard pour perdre encore du temps à s’excuser d’avoir envie, trop tard pour attendre une permission que personne ne viendra donner. Il ne reste que maintenant, et c’est largement suffisant.
Si en me lisant, une part de vous a déjà répondu oui avant même que vous n’ayez fini la phrase — écrivez-moi. Le reste, on l’inventera, à deux, sans rien devoir à personne.

On sait quand c’est une première fois. On ne sait jamais quand c’est la dernière.