Le port des signes religieux : l’exhibitionnisme de la foi est-il une liberté ou une soumission ?

Le port des signes religieux dans l’espace public n’est pas qu’une simple question de liberté. Alors que certaines personnes religieuses choisissent d’afficher leur foi, l’omniprésence de certains de ces symboles interroge. La liberté vestimentaire est un acquis dans nos sociétés, mais doit-on imposer à la rue et aux autres ces symboles religieux ?

Un autre temps, un autre voile

On nous rappelle souvent qu’autrefois, des femmes portaient aussi un voile en Europe. C’est vrai, mais cela appartient à une autre époque, une époque où l’on brûlait aussi les sorcières et où l’on lapidait. Les sociétés évoluent. S’accrocher à un passé aussi lointain n’est pas un argument pour le présent. À cette époque, on forçait les femmes à se cacher car elles étaient perçues comme des « tentatrices », alors que les hommes, jugés « bien purs », étaient « bien pires ».

Démonstration de force ou acte de piété ?

L’exhibitionnisme religieux n’ajoute rien à la diversité ni à la créativité. Cela vaut pour toutes les sectes et religions qui poussent leurs fidèles à l’exhibitionnisme. Ce n’est pas un acte de piété, mais une démonstration de soumission. Une religion qui manipule ses adeptes pour afficher sa puissance dit simplement : « Regardez comme nous sommes nombreux… craignez-nous et pliez-vous ! »

L’analogie du sculpteur et de la création divine

Pour comprendre cette idée, imaginez un sculpteur qui passe des années à ciseler une statue, y mettant toute sa vision et sa passion. Pour lui, c’est une œuvre achevée. Maintenant, imaginez que quelqu’un vienne la masquer ou la recouvrir. Cette personne ne dit-elle pas implicitement au créateur que son travail est incomplet ou imparfait ? C’est une manière de désavouer l’essence même de l’œuvre.

Selon cette logique, si un Dieu nous a faits naître d’une certaine manière, le fait de cacher sa création est un manque de respect. Ne devrait-on pas, par conséquent, craindre la colère d’un Dieu ?


Le lien entre traditions et soumission

Ce débat sur le corps et la soumission est d’ailleurs plus large que celui du port des signes. Il s’étend à des pratiques qui touchent à l’intégrité physique de l’individu. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter cet article sur les mutilations génitales : excision, circoncision et droits de l’enfant.